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Rencontre avec Fang Lu, auteure de "Les fleurs rouges du Tibet"

Par 28 janvier 2018 Aucun commentaire
Cet article est disponible en chinois traduit par Cécilia 这篇文章也有中文版本, 法译中Cécilia
Fang Lu est à nouveau l’invitée de Chinefrancophonie pour nous parler de son dernier livre “Les fleurs rouges du Tibet” (auto-édition Le livre en papier)

Vous avez écrit un deuxième livre après «  Dialogue avec le ciel  », pourquoi ?

Entre les années 60 et 90 l’histoire intérieure de la Chine est complètement occultée. J’avais envie de raconter une histoire inscrite dans cette période pour essayer de briser le silence en douceur, de combler les non-dits sur certains sujets. Je voulais aussi que cette histoire contribue à la paix dans le monde, les races, les religions sont nombreuses à travers le monde, seul l’amour compte, seules les langues séparent les humains entre eux, sinon, ils partagent la même humanité.

C’est une invention ou une histoire personnelle ?

Ce livre est une fiction, presque un conte, mais il repose sur des faits et de événements réels, il évoque le Tibet des années 60. En effet mes parents, originaires de Shanghai, s’étaient engagés  dans l’armée, à la fin des années 50.  A l’époque, elle permettait à des personnes d’origine très modeste de faire des études très poussées. Ils purent donc suivre des études de médecine à Chengdu où l’armée avait une faculté spéciale pour ses membres. Puis ils furent envoyés au Tibet et ils se marièrent. Mais un règlement extrême empêchait les membres de l’armée  d’épouser une personne tibétaine.

Vous êtes allée au Tibet ?

Pour moi je suis allée deux fois au Tibet, en 2000 et en 2016. La deuxième fois j’ai constaté qu’à Lhassa il ne reste rien de l’ancienne ville, elle ressemble à toutes les autres villes chinoises. Par contre  j’ai pu constater que la vie quotidienne des Tibétains s’est considérablement améliorée, qu’ils ont du travail, des hôpitaux. mais ils ne portent plus leurs vêtements traditionnels. Quelques temples sont toujours présents pourtant on voit moins de fidèles en train de prier. Mais plusieurs religions coexistent.

Entre 60 et 2016 l’amélioration du niveau de vie est considérable, il n’y a plus de propriétaires terriens. Même si le gouvernement chinois a essayé, en construisant des villes et des logements pour tous, de sédentariser les Tibétains des campagnes, pour les rassembler, les éleveurs continuent de transhumer en été, vers les hauteurs.

Vous aviez vous-même une jumelle, quelle est la place de ce deuxième livre à ce sujet ?

Ce deuxième livre grâce à la fiction, me permet de faire revivre ma propre jumelle qui est décédée depuis plusieurs années. Ce conte me permet de reconstruire le lien avec elle. Le premier livre m’avait permis de sortir du deuil, le second, de vivre sans elle. Mais aussi de construire une continuité avec elle jusqu’en Europe puisque une partie du livre s’y déroule. Le lien est aussi symbolisé par les deux bracelets de turquoise que porte chaque jumelle. La turquoise est pour les Tibétains une pierre porte-bonheur, qui ici maintient le lien entre elles malgré la séparation.

Je voudrais briser en douceur la chape de silence qui occulte cette période des années 60 à 90, afin de réveiller les Chinois pour qu’ils soient capables de rencontrer la vérité, leur vérité et celle de leurs parents et grands parents. Aujourd’hui les jeunes Chinois n’ont plus de racines profondes, ils ne croient à rien, sinon à l’argent, ils n’ont plus la liberté d’exprimer leurs vraies croyances. Quel sens peuvent-ils donner à leur vie ?

Lien :

Voir le site officiel, Le livre en papier : c’est Ici

Les fleurs rouges du Tibet de Fang Lu (Le livre en papier)

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