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Episode 16 : Voyage au pays du Kham(康巴)- Partie 1 : De Yushu(玉树) au Qinghaï à Ganzi(甘孜) au Sichuan

Par 2 décembre 2017 Aucun commentaire

Il fait froid à 3600m en ce matin du 15 août 2011. Un minibus nous mène sans difficultés de Yushu à Xiewu. C’est là, à 35 km au nord est de Yushu (玉树), que la route nationale G214, la route qui mène à Xining, croise la petite route provinciale qui plein Est rejoint le Sichuan au niveau du Nangbala pass.
Bien plus loin, à Manigango mais nous n’en sommes pas là, cette route S 217 rejoint la mythique nationale G 317 qui mène au Tibet. (Excusez ces précisions chiffrées, elles peuvent être utiles à certains randonneurs…)

C’est ici que commence pour nous la grande inconnue. Pas de Bus public pour nous… qu’allons nous trouver sur cette route déserte qui, à travers le plateau Tibétain, rejoint Kangding (康定) à plus de 800 km ? Nous voici au carrefour, sac au pied et dans l’attente. Il fait beau mais pratiquement pas de véhicules. Même pas de camions ce qui nous surprend. Une petite angoisse nous serre le cœur et grossit avec le temps qui passe… Miracle, à 11h30 une belle limousine noire s’arrête. Petites explications de ma charmante guide et nous voici confortablement installés à l’arrière. Qui plus est ce sera gratuit et rapide, trop rapide sur cette route empierrée. Nos deux hôtes sont deux ingénieurs du Nord Sichuan, pas loin de Jiuzhaigou (九寨沟) venus à Yushu pour affaires. Leur retour à domicile ce sont 24 heures non stop en se relayant au volant.

C’est dire que nous allons voir le paysage défiler à toute vitesse. Les cols aussi. Le Nangbala pass à 4700 m est vite oublié dans son paysage sauvage. Deux heures plus tard à Shiqu nous apercevons vite, trop vite, un très beau monastère.
Paysages de haut-plateaux à 4000 m, landes et grands troupeaux de Yacks, cols à 4600m, tout cela défile. Les petites villes se succèdent à 4000 m : Sanchahe à 16h30, Manigango à 17h40 et nous voici sur la G317, plus confortable mais également bien plus fréquentée.

A 20 heures et bien avant la tombée de la nuit, nous voici à Ganzi (甘孜), à plus de
450 km de Yushu et bien décidés à faire un bon stop. Un grand merci à nos hôtes. Nous voici classiquement déposés sur la grande rue centrale au milieu d’une population Tibétaine très typée. Question gîte, après quelques recherches, l’Himalaya hôtel fait notre affaire. Nous y resterons trois nuits.

Ganzi(甘孜), c’est pour nous un enchantement et un dépaysement complet. Haute vallée à 3400m, c’est un endroit fertile et peuplé au pied du massif du Chola (plus de 6000 m.) En cette fin d’été la campagne alentour est magnifique. Les récoltes battent leur plein, les moissons sont belles, les paysans ont la face réjouie.
Ganzi et alentour c’est d’abord le fief de nombreux temples Tibétains (西藏寺庙). Le plus important, le Ganzi Si aux portes nord-ouest de la ville nous occupe une demie journée. Nous avons la chance d’assister au repas frugal et combien silencieux de plus de 400 moines et moinillons. C’est impressionnant d’organisation. En surplomb de la ville les bâtiments sont fiers, le spectacle est réjouissant.

Temple et oriflammes Tibétains à Ganzi

A quelques encablures au nord le petit monastère des nonnes (尼姑庙), le Pongo Si est inaccessible. Nous comprenons plus tard en rencontrant celles-ci sur leur chemin du retour : elles ont fait leurs emplettes sur le marché et reviennent de la ville en groupes joyeux. Nous poussons un peu plus loin dans la campagne puis revenons le long d’une petite rivière qui à Ganzi rejoint le Yalong he (雅砻江). De petits troupeaux d’ânes enchantent Wendy.

Temples et campagne

Notre découverte du jour, ce sera une succession de petits moulins (小磨坊) le long de la rivière. Par chance l’un d’eux est ouvert. Une paysanne y traite sa récolte. Moulin antique entraîné par cette rivière : deux meules de pierre (磨坊石磨) d’environ 70 cm de diamètre. C’est biblique ; nous bavardons avec la meunière et ne pouvons nous détacher de ce spectacle qui doit se renouveler ici depuis 2000 ans.

Le moulin

Le lendemain, nous voulons nous aventurer sur la rive gauche du Yalong he. Ce cours d’eau est un lointain affluent du Yang-Tse et pourtant ici, à 3600 m, son lit et son débit sont déjà impressionnants. Il faut le traverser et ce n’est pas évident car il n’y a pas de pont routier. Il faut trouver un passage qu’aucune carte indique et c’est finalement une passerelle (天桥) de haute voltige que nous découvrons. La traversée est agrémentée par la rencontre de trois Tibétaines hautes en couleur et riches en rires. La séance de photo qu’elles implorent l’est tout autant. La rivière traversée, nous nous soumettons de bonne grâce à un contrôle de police, le seul du voyage, et nous voici gentiment orientés vers un petit monastère. Lieu charmant : un garde mais ni moine ni visiteur. Bien que désert ce lieu sacré avec ses dizaines de moulins à prière est tout aussi envoûtant. Un peu plus loin nous trouvons un autre monastère dans le village de Gala (呷拉村) puis nous poursuivons par une balade dans les montagnes surplombant ce haut plateau.

Tibétains au travail et en ville

Nous avons consacré deux jours à Ganzi et l’avons quittée à regret, poussés par un planning de retour en France (法国). C’est une semaine que l’on devrait séjourner au minimum ici tant il y a à voir aux alentours, tant la vie paisible et le paysage y sont fascinants. Nous y reviendrons à la première occasion, en été naturellement, on est à 3600 m…. Au revoir Ganzi…. Le 18 août à 6h30 le bus journalier nous emmène vers Kangding (康定).

Dominique Renaut

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