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(44) Le chapeau dans tous les sens

Par 10 décembre 2017 Aucun commentaire

La langue française a fait de cette coiffure protéiforme (canotier, gibus, haut-de-forme, bicorne, melon, panama, sombrero, etc.) un attribut sémantique que l’on utilise dans de multiples expressions dont l’une, pas encore inscrite à la nomenclature (1), fait beaucoup parler : la retraite-chapeau. Tirer son chapeau, faire chapeau bas, donner un coup de chapeau sont autant de façons de signifier son admiration pour quelqu’un qui s’est distingué d’une façon ou d’une autre. La retraite-chapeau appartient à ce registre. Il s’agit d’un complément substantiel en dividendes (ne tenant pas dans un chapeau) octroyé par une entreprise à l’un de ses dirigeants en récompense de ses états de service. Une façon de couronner la carrière d’un manager, de lui signifier, en espèces, la reconnaissance de la hiérarchie et des actionnaires de la société qu’il dirigeait de main de maître.

En baver des ronds de chapeau, expression probablement née dans les ateliers de l’industrie chapelière (le rond de chapeau, cercle en plomb, lourd et fatigant à manipuler, servait de gabarit), n’est pas le propre de l’heureux élu d’une retraite-chapeau. C’est au contraire être à la peine, souffrir le martyre, payer de sa personne. Plutôt le propre de celui qui porte casquette.

Oui, mais à qui faire porter le chapeau ? (2). Si vous avancez des éléments de réponse, il se peut que l’on vous demande si vous ne travaillez pas du chapeau. Une façon élégante de vous traiter d’illuminé.
D’où il ressort (du chapeau) que renoncer à une retraite-chapeau, c’est certainement aussi dur qu’avaler son chapeau (3), surtout lorsque l’on sait pertinemment que personne ne vous dira chapeau sauf peut-être un original travaillant du chapeau.

Leçon 44
Dire et écrire
Il n’y a pas que les lapins qui sortent d’un chapeau (4).

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(1) La nomenclature est l’ensemble des mots et expressions répertoriées dans un dictionnaire.

(2) Faire porter le chapeau à quelqu’un, c’est le désigner comme responsable ou comme coupable.

(3) Avaler son chapeau, manger son chapeau, c’est au sens figuré reconnaître son erreur, avouer s’être trompé.

(4) Le chapeau est aussi l’accessoire du magicien.

Publié le 30 novembre 2013

 

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