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(13) Aux rêveurs de chandelle

Par 10 décembre 2017 Aucun commentaire

A l’heure où tout brille, où les villes s’illuminent, où les foyers s’éclairent de guirlandes électriques, j’ai une pensée pour celui qui n’avait de plus cher désir que se retrouver dans sa mansarde, à sa table de travail, avec pour seule compagnie la flamme d’une chandelle. Je veux parler du philosophe Gaston Bachelard (1884-1962), apôtre de la poétique de la rêverie.

C’est en sa mémoire que nous passerons en revue quelques expressions métaphoriques suggérées par la chandelle. Bachelard en avait fait “l’astre de la page blanche”.

Etre tout feu tout flamme, avoir le feu sacré : c’est être enthousiaste, déborder d’énergie, de vitalité.
Brûler la chandelle par les deux bouts : c’est dépenser sans compter, vivre en prenant des risques. Tout le contraire de “faire des économies de bouts de chandelles”.

Tenir la chandelle, c’est jouer le rôle de tierce personne dans une aventure galante. Bref, avoir un rôle passif, de spectateur et de…lampiste (au sens propre, personne chargée de l’éclairage. Au figuré, coupable idéal).
Devoir une fière chandelle à quelqu’un : c’est être redevable d’un service rendu qui a eu son importance.

A Bachelard, brûlons une fière chandelle et rêvons. La flamme est une danseuse sur un piédestal. Une créature, fragile et vaillante, qui clignote jusqu’à la fin. Bachelard aimait l’idée que le sens premier du verbe s’éteindre était inspiré de la mort d’une chandelle.

Leçon 13
Dire et écrire :
Une année qui s’achève, c’est une bougie qui s’éteint.

Voir la leçon 12 : Ça ne manque pas de sel

Publié le 31 décembre 2010

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